Mon Maître – Epilogue

Je suis devant mon assiette et je suis totalement épuisé. Nous sommes dimanche soir et je me demande comment j’en suis arrivé là. A être là, face à cette assiette, juste devant mon Maître qui lui dévore son énorme steak que je lui ai cuit à la perfection. Il fait rouler les petits pois accompagnant sa bareback avec sa fourchette et ne me lâche pas des yeux. Je le vois déçu, je vois aussi qu’il en a marre de cette situation. Il en a marre de moi, je ne suis plus à la hauteur. Ces quatre années passées à le servir m’ont épuisé mentalement, physiquement et je pense qu’il est temps que cette relation cesse. J’ai passé quatre ans avec lui, et ce fut une belle relation, j’ai dépassé toutes les limites que j’aurai pu imaginer dépasser dans ma vie. Je n’aurais d’ailleurs jamais imaginé arriver jusque-là.

Son regard noir est dur, il me fixe, sans me lâcher des yeux. Je n’ai pas touché à mon assiette, je le regarde avec mes yeux de chien battu, je n’ai plus la niaque de me battre. Dans cette assiette trône une énorme merde puante et brunâtre. Celle de mon Maître. J’ai de la chance, c’est la première de la journée. Ce midi, j’ai pu manger normalement. Mais ce soir, comme tous les soirs depuis bientôt trois ans, j’ai son immonde merde à bouffer. C’est un exercice très compliqué à gérer, surtout sur la longueur, et parfois, je dois l’avouer, c’est difficile pour moi de n’avoir qu’une merde pour seule repas. Le pire n’est pas forcément le goût mais l’odeur. L’odeur est presque insupportable, mais je voulais être un bon soumis, je voulais dépasser mes limites. Et je dois avouer que l’exercice est excellent pour se dépasser, pour montrer sa servitude au Maître. Il m’avait imposé cet exercice pour notre premier anniversaire. Il avait déposé sa merde sur une superbe assiette et m’avait dit « Joyeux anniversaire ». J’avais pleuré la première fois. J’ai mis des mois à réussir à gober les merdes énormes que chiais chaque soir mon Maître. Mais j’y étais parvenu et c’était une réelle joie de pouvoir le satisfaire de la sorte.

Son regard. Encore. Toujours. Aussi noir. Il avait terminé son repas. Il a pris la parole et m’a dit : « Range-moi tout ça et va t’allonger sur le lit. Je ne veux plus voir ta gueule. Tu restes à poil et je te conseille d’être propre ». J’ai rangé le tout à la cuisine, j’ai mis sa merde à la poubelle. Ce soir je n’ai pas mangé. Je suis ensuite allé me mettre au lit, nu, sur le ventre. Il est arrivé quelques minutes après et m’a enculé directement. Sa queue était dure et il m’a perforé, un peu comme un animal. J’étais un trou et il se vidait les couilles. Il a empoigné mes maigres côtes pour faire un mouvement plus large avec son bassin. J’étais habitué à son calibre énorme. J’avais mis du temps pour prendre ses vingt-trois centimètres d’une largeur assez incroyable. Il m’a baisé, ça n’a pas duré plus de dix minutes. Sa poigne était forte sur mon corps. Je pleurais. Je savais que c’était peut-être la dernière fois qu’il me baisait. C’était violent. C’était fort. Il a joui dans mon cul et s’est retiré rapidement.

« Rends-la propre ! » me dit-il. Je me suis mis à genoux pour sucer sa queue toujours aussi imposante même s’il a déjà pas mal débandé. Sa queue n’est pas recouverte de merde et je prends du plaisir à sucer et lécher cette grosse queue que je n’ai jamais pu prendre en entier dans la bouche. Que personne n’a jamais réussi à prendre en entier dans la bouche. « Tu vas sur ton paillasson cette nuit, je ne veux pas de toi. Je ne veux plus de toi ». Mes sanglots ont encore redoublé quand je me suis installé sur mon tapis de clebs installé dans l’entrée. J’avais beaucoup dormi sur ce tapis, souvent quand il était énervé ou qu’il se tapait d’autres mecs. Je l’ai vu s’installer au salon pendant un long moment ce soir.

Je n’ai que peu dormi cette nuit, d’une part parce que je ne dors jamais bien sur mon tapis et d’autre part parce que ma tête était emplie de doutes et d’interrogations. Je ne savais pas ce que mon Maître voulait faire de moi. J’avais mis un réveil à 6h45 afin de préparer le réveil de mon Maître. Il se lève à 7h00. Tous les matins, qu’il travaille ou non, et moi quinze minutes avant lui. Histoire de me préparer un peu, de lui préparer son petit déjeuner et de l’attendre à genoux devant le lit. Je le regardais chaque matin se réveiller, ouvrir ses grands yeux, j’observais son énorme queue qui était bien souvent dressée. Puis son réveil sonnait et il l’arrêtait souvent avec violence. Il s’étirait tel un gros matou. Il posait les yeux sur moi et je lui demandai s’il avait bien dormi. J’avais alors droit au seul baiser de la journée. Il prenait mon visage à deux mains et me le déposait. Il s’asseyait sur le bord du lit, prenait son membre dans la main gauche et déposait son gland sur ma bouche. J’avalais alors sa pisse du matin. Chaque matin. Et tous les jours que j’ai passé avec lui, ce fut un exercice magnifique. Tellement j’aime la pisse.

J’ai donc préparé son petit déjeuner avec amour, j’ai déposé une rose sur le plateau que je plaçais sur la table du salon. Je suis entré discrètement dans la chambre et suis allé m’installer près de lui, à 6h55. J’ai pu l’observer pendant quelques minutes. Détailler son corps musclé, ses cuisses poilues, son visage endormi et son énorme queue qui reposait sur sa cuisse droite. Je le détaillais, pour la dernière fois. Le réveil a sonné et mon rêve s’est arrêté ici. Il l’a éteint rapidement et s’est étiré comme un chat. Je lui ai demandé s’il avait bien dormi, je n’ai pas obtenu de réponse. Il s’est levé de l’autre côté du lit et a rejoint les chiottes assez rapidement. Il a lâché sa pisse du matin, mon trésor matinal, dans les chiottes, debout devant eux. Cela me fendait le cœur. Il a rejoint le salon pour son petit déjeuner, je ne savais que dire ou que faire.

« Viens ici ! » ai-je entendu. Il était assis devant la table du salon et prenait son petit déjeuner tranquillement et je me suis approché de lui, à genoux devant lui. Il m’a regardé, observé, scruté, sans dire un mot. Le petit-déjeuner avalé, il est allé se préparer et est parti comme d’habitude quand il travaille, à 7h30, pour rejoindre la radio pour laquelle il travaille depuis quinze ans déjà. Il anime une émission qui fonctionne bien, ce qui lui permet d’avoir un salaire presque déraisonnable. « Je t’ai écrit une lettre, elle est posée sur la table de nuit. Lis-là avec grande attention. Et surtout prends soin de toi. » Ces derniers mots ont raisonné dans ma tête et j’ai essayé de le retenir, de lui parler mais déjà il avait claqué la porte et je ne pouvais sortir nu sur le palier. Je me suis précipité vers la chambre pour dévorer sa lettre.

« Mon Amour, Mon Soumis, Mon Esclave,
Cela a fait quatre ans que nous vivons ensemble il y a quelques jours et je crois que désormais notre amour s’étiole, tu n’as plus les capacités suffisantes pour me satisfaire. Cette expédition dans les îles françaises a peut-être été le coup de grâce. J’ai peur de devoir tellement te cogner que cela t’abimera de manière irréversible. C’est donc par cette lettre que je te rends ta liberté. Tu as vingt-cinq ans et tu as toute la vie devant toi. Tu as de quoi vivre, de quoi aimer à nouveau. Saches que jamais je ne t’oublierai. Mais je retrouverai rapidement un nouveau soumis, à faire évoluer, autant ou plus loin que toi. Donc tu vas prendre tes affaires et quitter l’appartement, je ne veux plus de toi, de tes affaires, de ton odeur avant que je ne rentre ce soir. Tu conserveras toute ta vie le tatouage que je t’ai fait faire sur la cheville, histoire de montrer au monde que j’ai été ton Maître. Je joins à cette lettre les numéros du compte épargne ouvert à ton nom et dont tu es le seul bénéficiaire. Chaque passe que j’ai fait de toi a été placée sur ce compte, tu verras que tu as largement de quoi te retourner. Même si je t’ai fait croire que cet argent était pour moi, je n’en ai pas dépensé un centime. Et tu sais pertinemment qu’avec tout ce que tu accepté, avec des personnes parfois haut placées, que l’argent n’est pas ce qui te manquera dans les années à venir. Je t’ai aimé Mon Esclave. Prends soin de toi »

J’ai hurlé à la fin de cette lettre mais je me suis également senti libéré. Je me suis senti libre, cette pression permanente qui pesait sur moi lorsque j’étais avec mon Maître a totalement disparue, en un instant. Et puis l’angoisse a pris le dessus, je devrais me retourner, devoir faire à nouveau des petits boulots pour m’en sortir. Pendant ces quatre ans, je n’avais été qu’esclave, à rester à la maison. Et je devrais aussi retourner chez mes parents, quelques temps et leur expliquer la situation. Ils apprécient mon Maître, celui-ci sait tellement bien jouer la comédie, et ils voyaient en lui le gendre idéal, malgré les quelques années qui nous séparaient. Ils ne savaient évidemment rien de la relation qui nous liait dans l’intime.

J’ai alors rangé mes affaires dans la grande valise que mon Maître m’avait acheté pour partir un mois aux États-Unis l’an dernier. Valise qui m’a déjà servie le mois dernier pour la Guadeloupe. Dans l’appartement, rien n’était à moi, j’avais vendu à l’époque de notre emménagement, tous mes biens personnels ne gardant que quelques souvenirs et fringues. J’avais quelques dizaines de vinyles à moi que je rangeais dans une boite prévue à cet effet. La quantité de mes fringues avait diminué avec le temps, restant pour la plupart du temps à la maison à faire le ménage ou à m’occuper de mon Maître ou des hommes à qui il me vendait. J’ai fermé ma valise, avec un mélange d’amertume et de joie. La sensation était étrange. J’ai fait le tour de l’appartement, de sa salle de cinéma aménagée ou il m’avait de très nombreuse fois obligée à lui lécher les pieds durant ses visionnages de film, de la salle où il range ses milliers de vinyles triés par ordre alphabétique, ou je lui ai tellement souvent sucer la bite alors qu’il écoutait du jazz, puis la cuisine, le salon et la salle à manger. J’ai pris avec moi la lettre ainsi que les codes bancaires pour mon épargne. Il était presque midi et je quittai l’appartement, sans tellement de regrets. Mais avec un immense vide dans le cœur.

J’ai appelé ma mère pour lui annoncer la nouvelle, elle fut tant triste pour moi, mais me demanda de venir immédiatement à la maison, que ma chambre dans la maison familiale, m’était toujours attribuée. Et que ça me laisserait le temps de me retourner. Je lui ai dit que j’avais quelques trucs à régler mais que je serai là pour la fin de journée. Mes parents habitent la banlieue de Paris, à une petite heure de TER. Je suis allé me balader un peu à la Gare de l’Est, à quelques pas de notre feu appartement. Je paraissais pour quelqu’un de normal avec ma valise et ma caisse de vinyles, si les autres savaient à quel état j’ai été réduit par mon Maître dans le passé… Je me suis pris un sandwich énorme, cela faisait plusieurs mois que je ne m’étais pas acheté un truc à manger seul. Ce sandwich avait donc un goût de liberté. Je me suis rendu à la banque afin de prendre connaissance du montant engrangé grâce à mon cul et ma bouche sur le compte épargne ouvert par mon Maître.

Si je n’étais pas assis, je serais tombé à la renverse par l’annonce de la banquière qui m’avait accueillie avec toute la sympathie du monde. 124.450 euros trônaient sur ce compte alimenté depuis presque quatre ans par des virements mensuels. J’ai pleuré dans le bureau de la banquière, tant j’étais surpris et heureux de cette nouvelle. J’avais de quoi bien me lancer dans la vie, cette dernière était assurée pour quelques années, j’avais de quoi voir venir. Je l’ai remerciée et lui ai demandée quelques formalités concernant la disponibilité de cet argent, et puis je suis reparti le sourire aux lèvres. Vers ma nouvelle vie.

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